Trois photochromes d’un remarquable palais tunisien !

Le palais de Ksar Saïd, situé au Bardo à moins de deux kilomètres du centre-ville de Tunis, est un monument historique d’envergure de la période des Beys husseinites. De nos jours une dépendance de l’Institut national du patrimoine, il est destiné à devenir un musée de la dynastie husseinite (1705-1957). Cependant, par manque de volonté, ce projet tarde à se concrétiser, et le palais n’est guère accessible au grand public…

Ces trois beaux photochromes, datant de 1899, montrent quelques intérieurs du palais de Ksar Saïd au Bardo sous le règne de Ali III Bey (1882-1902). À cette époque, cette demeure beylicale n’était pas habitée par le monarque car ce dernier avait établi sa résidence à La Marsa après la mort de Sadok Bey (1859-1882). Cependant le palais restait bien entretenu et gardait l’intégralité de son mobilier et de ses œuvres d’art. Après le décès de Ali III Bey, son successeur Muhammad El Hadi Bey (1902-1906) s’installera à nouveau à Ksar Saïd. Ainsi celui-ci fut habité par deux monarques : d’abord Sadok Bey, qui lui a donné son architecture actuelle dans les années 1860, puis Muhammad El Hadi Bey.

Photochrome 1 Palais de.Ksar Saïd (le grand salon)

Photochrome 2 Palais de.Ksar Saïd (le grand salon)

Les deux premiers photochromes montrent le grand salon qui se caractérise par un décor à forte empreinte italianisante. Le dallage, les colonnes néo-corinthiennes du péristyle, ainsi que les encadrements des portes, sont en marbre blanc de Carrare. Les seize arcs en plein cintre, aux écoinçons soigneusement garnis d’arabesques, sont surmontés par autant d’œils-de-bœuf ovales. Quant au plafond peint à l’italienne, il est orné de motifs floraux et des armes beylicales. L’influence occidentale est davantage soulignée par un mobilier importé d’Europe, notamment de France et d’Italie.

Photochrome 3 Palais de.Ksar Saïd (chambre du Bey)

Le troisième photochrome montre la chambre du Bey dont la riche ornementation associe brocarts, marbres, céramiques et stucs, le tout rehaussé d’un mobilier doré.

Une restauration minutieuse peut redonner à Ksar Saïd sa splendeur d’antan. Pour cela, l’État tunisien doit sauvegarder et mettre en valeur ce monument à travers un projet muséal de qualité !

M. Khaled Hizem


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