Sbeïtla, joyau archéologique manquant cruellement de notoriété !

La Tunisie, l’un des pays méditerranéens les plus pourvus en patrimoine archéologique, souffre jusqu’à nos jours de la large méconnaissance de celui-ci. Foyer de la civilisation carthaginoise, devenue par la suite l’une des plus importantes provinces du monde romain (l’empereur Valentinien Ier octroi à Carthage le statut de troisième ville de l’Empire après Rome et Constantinople), cette terre recèle d’innombrables sites des époques puniques, romaines et byzantines.

Si la zone côtière possède un patrimoine antique foisonnant, l’intérieur de la Tunisie n’est pas moins riche. Ainsi, le gouvernorat de Kasserine, marqué par la marginalisation et le chômage, compte un nombre impressionnant de sites archéologiques, parmi lesquels figure Sbeïtla. Celle-ci, située à 264 kilomètres au sud-ouest de Tunis, est considérée comme l’un des plus beaux sites romains en Afrique du Nord. La cité antique, anciennement appelée Sufetula, fut fondée sous le règne de la dynastie des Flaviens au cours de la seconde moitié du Ie siècle ap. J-C. La ville, qui se développa considérablement grâce à la production de l’huile d’olive, se dota de plusieurs monuments remarquables ; citons, à titre d’exemple, son Capitole à trois temples dédiés à Jupiter, Junon et Minerve. Convertie au christianisme, entre la fin du IIIe siècle et le le premier quart du IVe siècle, elle connut la construction d’églises et de chapelles. Durant la période byzantine, la cité fut fortifiée mais finit par être conquise par les Arabes en 647. Le site majestueux conserve de superbes vestiges d’édifices civils et religieux qui témoignent de la prospérité de Sufetula entre le IIe et le VIIe siècle.

Vue d'ensemble des façades arrières du Capitole constitué de trois temples dédiés à Jupiter, Junon et MinerveVue d’ensemble des façades arrières du Capitole constitué de trois temples dédiés à Jupiter, Junon et Minerve

Gros plan sur l'arc de Dioclétien qui date de la fin du IIIe siècle ap. J-CGros plan sur l’arc de Dioclétien qui date de la fin du IIIe siècle ap. J-C

Gros plan sur le baptistère d'une église datant du Ve siècle ap. J-CGros plan sur le baptistère d’une église datant du Ve siècle ap. J-C

Il est indigne qu’un pays, ayant de tels trésors archéologiques, subisse une double disgrâce : celle d’un tourisme moribond (l’année 2016 s’annonçant pire que 2015) et celle d’une image injuste notamment dans les médias étrangers, qui ne font que de très rares allusions à ses richesses patrimoniales…

M. Khaled Hizem


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