Le mihrab de la Grande Mosquée de Kairouan, un joyau du IXe siècle

Le mihrab, niche vide devant laquelle se tient l’imam lors de la conduite de la prière, est un élément indispensable à chaque mosquée. Celui de la Grande Mosquée de Kairouan, située à 150 kilomètres au sud-ouest de Tunis, est l’un des plus anciens et des plus remarquables mihrabs qui nous soient parvenus.

Sa précieuse ornementation, réalisée en 862 sous le règne de la dynastie des Aghlabides (800-909), associe le marbre sculpté et ajouré, le bois peint et la céramique lustrée. Flanquée de deux colonnes en marbre rouge veiné de jaune, coiffées de chapiteaux décorés de feuilles de vigne et de pommes de pin, la paroi polyédrique du mihrab est revêtue de vingt-huit panneaux rectangulaires de marbre blanc. Ceux-ci, dont plusieurs sont ajourés, sont organisés en sept registres verticaux et sont admirablement sculptés de fleurons, de rinceaux, de tresses et de coquilles.

Gros plan sur quelques panneaux de marbre sculptés et ajourésGros plan sur quelques panneaux de marbre sculptés et ajourés

La niche, ouverte par un arc brisé, est surmontée d’une demi-coupole en bois cintré, recouvert d’enduit, qui est entièrement peinte d’arabesques végétales en jaune doré sur fond bleu nuit. Des carreaux de céramique à reflets métalliques, garnis de hachures ainsi que de motifs géométriques et végétaux, ornent sa partie supérieure. Si le marbre sculpté et le bois peint furent réalisés à Kairouan, les carreaux, quant à eux, furent importés de Mésopotamie (de Baghdad ou de Samarra). Ainsi les carreaux de la Grande Mosquée de Kairouan constitue l’un des rares exemples de céramique lustrée datant de l’âge d’or de l’empire abbasside.

Ce mihrab se trouve toujours à son emplacement d’origine, au milieu du mur méridional de la salle de prière.

M. Khaled Hizem


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