La mosquée Zitouna, un sanctuaire à la valeur patrimoniale exceptionnelle…

Par Mohamed Khaled Hizem

C’est au cœur du noyau historique de Tunis, que s’élève, depuis treize siècles, la mosquée Zitouna, le plus ancien lieu de culte et le monument phare de la Médina, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Tout au long d’une histoire particulièrement riche, l’édifice n’a cessé de connaître d’innombrables ajouts et embellissements. Foyer spirituel d’une importance considérable, il fut également, durant plus d’un millénaire, un centre de savoir arabo-musulman prodiguant un enseignement scholastique qui forgea l’élite intellectuelle et administrative du pays. Malgré son immense prestige, sa valeur patrimoniale demeure largement méconnue aussi bien du visiteur étranger, que du citoyen tunisien lui-même.

mosquée_zitouna_0Photographie, datée de 1910, montrant une vue générale de la mosquée Zitouna. À gauche de l’image, est visible le splendide minaret, haut de quarante-quatre mètres, qui fut inauguré en 1894. Deux coupoles côtelées couronnent les extrémités médianes des toits de la salle de prière. Les dômes, complètement couverts d’une épaisse couche de chaux, furent totalement débarrassés de leur badigeon lors de leur restauration au cours de la seconde moitié du XXe siècle.


Une mosquée portant l’empreinte des diverses dynasties qui ont régné sur la Tunisie

L’origine de la mosquée Zitouna fut longtemps débattue par les historiens. Ainsi certains d’entre eux attribuèrent sa fondation tantôt au  gouverneur omeyyade Obeyd Allah Ibn Al-Habhab aux alentours de 732, tantôt au général, issu de la tribu des Ghassanides, Hassen Ibn Al-Numan et ce dès 698. Si la dernière hypothèse semble plus plausible, car il est invraisemblable que Tunis ne fut pas dotée d’une mosquée du vendredi au lendemain de l’achèvement de la conquête arabo-musulmane de  l’Ifriqiya à la fin du VIIe siècle, la controverse concerna également la nomenclature du sanctuaire. Tandis que certains l’attribuèrent à la construction du lieu de culte musulman sur l’emplacement d’une ancienne église dédiée à Sainte-Olive, d’autres l’expliquèrent simplement par l’existence d’un olivier dans la cour de l’édifice. Si les débuts du monument sont relativement obscurs, cela  changea au IXe siècle, avec sa reconstruction intégrale, connue avec précision grâce à une inscription coufique ornant la coupole du mihrab, entre 856 et 864, durant la période des princes de la dynastie des Aghlabides (800-909). Cette dernière, essentiellement réalisée sous le règne d’Abou Ibrahim Ahmed (856-863), donna à la mosquée une grande partie de sa morphologie et de sa superficie actuelles ; c’est de cette époque que datent les proportions et l’ordonnancement de la salle de prière hypostyle, fortement inspirée de celle de la Grande Mosquée de Kairouan qui lui a servi de modèle.

Par la suite, pratiquement toutes les dynasties, qui se sont succédées à la tête du pays, ont apporté de nombreux ajouts et embellissements au sanctuaire majeur de la ville. Ainsi, fut élevé, sous les Zirides (972-1148), à la fin du Xe siècle, un beau portique, pourvu d’une façade rythmée de treize arcades de type plein cintre outrepassé, qui précède la salle de prière. Celui-ci fut couronné, en son milieu, par une admirable coupole côtelée à ornements bichromes, appelée « coupole du Bahou ». Agrémentée de motifs en coquille, décorant les tympans des arcs de son tambour cylindrique, elle fut terminée en 990, comme l’indique une inscription située à la base de celle-ci.

Si la dynastie princière des Khorassanides (1059-1158) ne manqua pas de laisser son empreinte, notamment à travers la reconstruction et la décoration de plusieurs portes extérieures, la mosquée devint, encore davantage, l’objet des soins du pouvoir local  lorsque le centre de gravité politique de l’Ifriqiya se déplaça vers Tunis depuis la seconde moitié du XIIe siècle.

L’avènement de la dynastie des Hafsides (1228-1574), qui firent de cette dernière la capitale de leur vaste royaume, fut accompagné de multiples travaux de restauration, à l’instar de la réfection de toutes les portes de la salle de prière, ordonnée par le sultan Abou Yahia Zakariya Al-Lihyani (1311-1317), et de plusieurs ajouts notables parmi lesquels figurent l’adjonction de salles d’ablutions et de trois bibliothèques, dont la plus remarquable est celle élevée, en 1450,  par le sultan Abou Umar Othman (1436-1488).

Cette bibliothèque se distingue par sa façade percée d’une élégante baie géminée. Après le funeste XVIe siècle, marqué par le sac de Tunis et la profanation de la mosquée Zitouna par les troupes espagnoles de Charles Quint (1516-1556), la conquête ottomane en 1574, puis l’instauration de la dynastie des Mouradites à partir de 1613, fut bénéfique pour le vieux sanctuaire qui connut d’importants travaux de restauration qui réparèrent les dégâts subis pendant l’occupation espagnole ; à ceux-ci s’ajoutèrent des agrandissements et des embellissements, qui visèrent notamment le minaret, ainsi que le portique double, surélevé, situé le long de la façade orientale donnant sur le souk El Fekka.  Durant la période husseinite (1705-1957), l’entretien et l’enjolivement, de certaines parties du vénérable lieu de culte, se sont poursuivis, et on peut citer, à titre d’exemple, le remplacement par Mustapha Khaznadar, grand vizir des Beys Mohamed (1855-1859) et Sadok (1859-1882), des vieilles colonnes, pour la plupart abîmées, des portiques septentrional, occidental et oriental de la cour par de nouvelles colonnes en marbre blanc, coiffées de chapiteaux à volutes. Mais l’apport le plus important de l’époque husseinite, fut, sans conteste, l’édification, au cours de la dernière décennie du XIXe siècle, du splendide minaret actuel.

mosquée_zitouna_1Vue partielle de la façade du portique méridional de la cour, qui précède la salle de prière. Rythmée de treize arcades, de type plein cintre outrepassé, la façade est surmontée, au milieu, d’une remarquable coupole côtelée datant de 990. Celle-ci, due à la dynastie des Zirides, se distingue par ses ornements bichromes et par les motifs en coquille qui décorent les tympans des arcs de son tambour cylindrique. (photo : Ahmed Ben Yaghlene)


Une salle de prière caractérisée par la qualité remarquable de ses ornements

D’une superficie de 1344 mètres carrés, alors que l’ensemble du monument s’étend sur près de 5000 mètres carrés, la salle de prière de la mosquée Zitouna, épousant la forme d’un quadrilatère de cinquante-six mètres de long et de vingt-quatre mètres de profondeur, est divisée en quinze nefs, perpendiculaires au mur de la qibla, dont la plus importante, la nef centrale, est plus large que toutes les autres. Les nefs, séparées par des rangées de colonnes, supportent, par l’intermédiaire d’abaques et d’impostes, des arcs en plein cintre outrepassés, soigneusement appareillés. Cette salle spacieuse, entièrement couverte, à l’exception de la zone du mihrab, de plafonds en bois à solives apparentes, auxquels sont suspendus de superbes lustres, subjugue le regard tant ses composantes architecturales et ornementales sont d’une valeur exceptionnelle. Il s’agît, en premier lieu, de la multitude de colonnes, majoritairement d’époques romaine et byzantine, datant du Ier siècle jusqu’au VIIe siècle ap. J-C., qui proviennent principalement de Carthage. Ces colonnes constituent un véritable musée des fûts et des chapiteaux de l’antiquité et du début du haut Moyen Âge. Ces derniers sont de types variés : corinthiens, composites, en forme de cône renversé, etc. Quant aux fûts, ils sont taillés dans des marbres de couleurs et d’origines diverses ; parmi lesquels figurent le marbre blanc veiné, le cipolin gris, ainsi que les marbres roses, bleutés et verdâtres.

Outre ses précieuses colonnes, la salle de prière se distingue également par son mihrab et la coupole côtelée qui le surmonte. La niche du mihrab, qui occupe le milieu du mur de la qibla, fut réalisée à l’époque aghlabide (IXe siècle), mais sa décoration fut presque entièrement remaniée au XVIIe siècle, lorsque l’imam de la mosquée, Taj Al-Arifin Al-Bakri, la modifia en enlevant les plaques de marbre sculpté, datant des années 860, de sa paroi, et en octroyant,  à sa partie supérieure, sa parure actuelle. Celle-ci, réalisée en plâtre délicatement ciselé, est composée de motifs géométriques complexes, à l’influence arabo-andalouse, d’une grande finesse d’exécution. La zone du mihrab, résultant de l’intersection de la nef centrale et de la travée de la qibla, est coiffée d’une très belle coupole sur trompes, qui a conservé son ornementation de la période aghlabide. Bien que largement inspirée de la coupole du mihrab de la Grande Mosquée de Kairouan, elle se différencie de son modèle par une subtilité décorative plus marquée, se traduisant par le raffinement de ses éléments sculptés.

mosquée_zitouna_salle_de_prièreVue partielle de la nef centrale de la salle de prière. Celle-ci présente une multitude de colonnes, provenant principalement de Carthage, qui furent récupérées de divers édifices d’époques romaine et byzantine. La nef centrale forme une allée majestueuse conduisant vers le mihrab, dont la partie supérieure est ornée d’un revêtement en plâtre finement sculpté. (photo : Ashkan Ahmadi)


Un somptueux minaret, le plus haut de la médina de Tunis

Surplombant les toits et les terrasses, cette tour majestueuse, haute de quarante-quatre mètres, est certainement le minaret le plus élevé de la médina. Cependant, sa construction est relativement tardive, car il fut inauguré en 1894. Le minaret actuel, qui se trouve à l’angle nord-ouest de la cour, succède, sur le même emplacement, à deux minarets plus petits et moins ornés. Le plus ancien, datant du règne de la dynastie hafside, durant la première moitié du XVe siècle, était vraisemblablement d’une architecture austère et d’une hauteur limitée. Ce premier minaret fut profondément remanié et considérablement agrandi  à l’époque mouradite, sous le règne de Hammouda Pacha (1631-1666).  Le minaret mouradite, de base carrée et culminant à une trentaine de mètres, se terminait par un lanternon octogonal surmonté d’un toit pyramidal.

En 1892, lorsque le second minaret menaça de s’effondrer, l’administration, chargée des Habous (biens de mainmorte) de la mosquée Zitouna, décida d’édifier un minaret plus impressionnant et plus digne du prestige de cette dernière. Les travaux, confiés aux maîtres-maçons Slimane Ennigrou et Taher Ben Saber, aboutirent à l’édification, deux ans plus tard, d’un admirable minaret, ayant pris pour prototype le minaret de la première mosquée de rite almohade, celle de la Kasbah, édifiée de 1231 à 1235, par le fondateur de la dynastie hafside, Abou Zakariya Yahia (1228-1249). De base carrée, la tour, dont la décoration puise dans le répertoire ornemental hispano-mauresque, présente, sur les quatre faces, un jeu d’entrelacs en pierres de taille sculptées et polies. La partie supérieure est percée, également sur les quatre faces, de cinq arcades identiques dont les arcs, outrepassés et légèrement brisés, sont pourvus de claveaux bichromes. Le minaret est couronné d’un lanternon de section carrée, qui est coiffé d’un toit pyramidal revêtu de tuiles vertes vernissées ; chaque face du lanternon est agrémentée d’une arcade aveugle, tapissée intérieurement de céramiques à dominante bleue. Des merlons en dents de scie surmontent aussi bien le corps principal du minaret, que son lanternon.

mosquée_zitouna_2Gros plan sur la partie supérieure du minaret. De section carrée, il s’inspire du minaret de la mosquée de la Kasbah, élevée, de 1231 à 1235, par le sultan hafside Abou Zakariya Yahia. Parmi les plus beaux ornements du minaret, figurent les entrelacs et les arcs à claveaux bichromes. (photo : Afef Abrougui)


Plus qu’un lieu de culte, un centre de savoir arabo-musulman

La renommée séculaire de la mosquée Zitouna ne découle pas uniquement de son ancienneté, étant la plus vieille mosquée de Tunis et parmi les plus vieux lieux de culte musulmans du Maghreb, la Grande Mosquée de Kairouan pouvant seule se prévaloir d’une ancienneté plus reculée, elle est également due au rôle majeur que le monument a joué en tant qu’institution d’enseignement plus que millénaire, diffusant en particulier les sciences religieuses rattachées au courant malikite. Si des cours y sont organisés dès les VIIIe-IXe siècles, dont le précurseur fut le jurisconsulte et théologien Ali Ben Zyed (mort en 799), qui a introduit le malikisme en Ifriqiya et dans l’ensemble du Maghreb, ces derniers prirent une ampleur considérable sous le règne des Hafsides, liée au statut privilégié acquis par Tunis comme capitale de l’un des plus puissants royaumes d’Afrique du Nord. Durant cette période, des grands noms s’illustrèrent, à l’instar de l’imam Ibn Arafa (décédé en 1401), le plus célèbre représentant de l’école malikite à l’époque hafside, et qui possédait des connaissances approfondies en matière de droit, de rhétorique, de mathématiques et de médecine. Après l’interruption de l’enseignement au cours du XVIe siècle à cause des troubles engendrés par l’occupation espagnole, qui anéantit totalement les bibliothèques de la mosquée, le XVIIe siècle connut une reprise timide de l’enseignement au sein de cette dernière.

C’est grâce à la dynastie des Husseinites que la Zitouna se mua en une université au grand  rayonnement. Tandis qu’au XVIIIe siècle, les souverains, Hussein Bey Ier (1705-1735), Ali Pacha (1735-1756) et Ali Bey II (1759-1782), bâtirent de nombreuses médersas (collèges religieux) pour héberger un nombre de plus en plus croissant d’étudiants issus de diverses régions du pays, le XIXe siècle fut accompagné de réglementations et de réformes essentielles. C’est sous Ahmed Bey (1837-1855), qui dota la mosquée d’une importante bibliothèque mise à la disposition des étudiants, que la Zitouna fut réorganisée avec la promulgation, en 1842, du premier texte réglementaire, connu sous le nom  de « Moallaqa », qui instituait un corps professoral de trente membres, quinze pour le rite malikite et quinze pour le rite hanafite, tous nommés et rétribués par l’État, et un conseil supérieur chargé  du contrôle administratif et pédagogique des études. Ceux-ci connurent des réformes notables sous le règne de Sadok Bey, sous l’initiative de Kheireddine, grand vizir de 1873 à 1877, à travers la mise en œuvre  de nouvelles dispositions réglementaires, consistant dans les décrets du 26 décembre 1875 et du 22 janvier 1876.

Outre le maintien de l’enseignement religieux, ces derniers ajoutèrent de nouvelles disciplines comme la littérature, l’histoire, la prosodie, la logique, l’arithmétique et l’astronomie. Malgré l’avènement du protectorat français, instauré par le traité du Bardo du 12 mai 1881,  les réformes n’ont guère cessé. Ils se poursuivirent au cours de la première moitié du XXe siècle, notamment grâce à des figures religieuses de premier plan à l’instar de Mohamed Taher Ben Achour, qui fut recteur de la Zitouna et de ses annexes de 1932 à 1933, puis de 1945 à 1952.  Bien que l’enseignement conservait une forme scholastique traditionnelle, le professeur adossé à une colonne de la salle de prière dispensant ses cours aux étudiants qui l’entouraient, le prestige de cette université était telle qu’elle comptait, jusqu’au milieu des années 1950, non seulement des établissements affiliés sur l’ensemble du territoire tunisien, mais également dans l’Est algérien comme à Constantine. Cette institution ne s’est pas contentée de former, durant des siècles, l’élite intellectuelle et administrative tunisienne, elle contribua également à instruire l’élite étrangère ; à titre d’exemple, la figure emblématique du mouvement réformiste musulman en Algérie, Abdelhamid Ben Badis (décédé en 1940),  y fit ses études à partir de 1908.

mosquée_zitouna_3Photographie, datée de 1956, montrant la salle de prière remplie par les étudiants de l’université Zitouna.


Faire découvrir un monument largement méconnu

Bien qu’elle constitue un joyau du patrimoine architectural tunisien, l’histoire et l’importance patrimoniale de la mosquée Zitouna restent amplement méconnues tant du touriste étranger, que du citoyen tunisien. Si dans le cas de ce dernier, cela peut paraître  incompréhensible, voire paradoxal, ce n’est pourtant que trop vrai. Alors qu’en France, un monument phare de Paris, comme la cathédrale Notre-Dame de Paris, remarquable illustration de l’art gothique, voit son histoire et ses caractéristiques architecturales abondamment évoquées dans les programmes scolaires, sans compter l’organisation de fréquentes visites de groupes d’écoliers et de lycéens, ce n’est nullement le cas dans notre pays, et ce n’est guère exagéré d’affirmer que la majorité des écoliers et des lycéens de Tunis même n’ont jamais vu cette mosquée, et n’ont, souvent, sur celle-ci que de très rares informations, pour ne pas dire inexistantes…

Alors qu’il est fondamental d’instruire les jeunes, mais aussi, de manière générale, le citoyen tunisien quelque soit sa catégorie d’âge, sur les richesses culturelles de ce monument, il en va de même du visiteur étranger, en particulier celui qui est amateur d’art et d’histoire. Par ailleurs, la situation actuelle qui ne permet à ce dernier qu’un accès restreint à la mosquée, se limitant seulement à la galerie extérieure de la façade orientale et à un portique, fermé par une balustrade, de la cour, n’est pas de nature à encourager les visites de touristes étrangers et encore moins un tourisme culturel comprenant la découverte des lieux de culte tunisois les plus représentatifs, sur les plans historique, culturel et spirituel, et dont la mosquée Zitouna en est le symbole par excellence.

Si après la révolution du 14 janvier 2011, les tentatives de restaurer l’enseignement traditionnel au sein même de la mosquée Zitouna a provoqué maintes polémiques, et a enflammé le débat entre les tenants d’une vision moderniste de l’enseignement et ceux qui s’accrochent à une perception plus conservatrice, il ne faudrait pas que ces controverses relèguent au second plan l’extraordinaire valeur patrimoniale de ce superbe monument qui occupe une place privilégiée dans l’histoire, la culture et la vie religieuse tunisiennes.

Mohamed Khaled Hizem

Publié aussi dans La Presse magazine le 29/05/2016.


2 réflexions au sujet de « La mosquée Zitouna, un sanctuaire à la valeur patrimoniale exceptionnelle… »

  • 2 juin 2016 à 13 h 23 min
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    Article superbe d’une rare rigueur sciebtifique. Chapeau !!!

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  • 2 juin 2016 à 21 h 20 min
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    Article superbe d’une rare rigueur scientifique. Chapeau !!!

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