Beit El Hikma à Carthage, ancien palais du dernier monarque tunisien…

L’ancien palais beylical de Carthage, l’actuelle Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts (Beit El Hikma), était la résidence officielle du dernier monarque tunisien. Celui-ci fut Lamine Bey, dix-neuvième souverain de la dynastie des Husseinites (1705-1957). Le palais de Carthage, édifice élégant, présente une architecture et des décors datant aussi bien de la seconde moitié du XIXe siècle, que de la première moitié du XXe siècle.

Le palais appartenait, à l’origine, au général Ahmed Zarrouk (décédé en mai 1881), ministre de la guerre sous Sadok Bey (1859-1882), qui le fit construire vers 1860. À sa mort, il le légua à son fils, qui confronté à des difficultés financières, le vendit à un riche bourgeois de la communauté juive tunisienne, Choua Bessis, vers 1885. C’est auprès de ce dernier qu’Habib Bey (1922-1929) fit l’acquisition du palais en 1922 pour en faire sa demeure préférée. Au cours de son règne, il agrandit la résidence, ainsi que ses jardins, et apporta des modifications aux décors. Par la suite, son fils Lamine Bey (1943-1957) fit du palais sa demeure officielle lors de son accession au trône, le 15 mai 1943, après l’abdication de Moncef Bey (1942-1943). Lamine Bey poursuivit l’agrandissement et l’embellissement du palais qui demeura sa résidence principale jusqu’à la chute de la monarchie husseinite le 25 juillet 1957 (jour de la proclamation de la république). Ce palais connut l’un des évènements les plus importants de l’histoire tunisienne au XXe siècle, car c’est en ce lieu que le chef du gouvernement français, Pierre Mendes France, prononça devant le Bey son “discours de Carthage” le 31 juillet 1954 au cours duquel il reconnut une totale autonomie interne à la Tunisie. Cette dernière constitua le prélude à l’indépendance complète proclamée le 20 mars 1956.

Patio couvert, orné de marbre blanc de Carrare, de l'ancien palais beylical de CarthagePatio couvert, orné de marbre blanc de Carrare, de l’ancien palais beylical de Carthage

Salle du trône de l'ancien palais beylical de CarthageSalle du trône de l’ancien palais beylical de Carthage

Représentation picturale (second quart du XXe siècle) de la salle du trône de l'ancien palais beylical de CarthageReprésentation picturale (second quart du XXe siècle) de la salle du trône de l’ancien palais beylical de Carthage

De nos jours l’ancienne résidence beylicale, située tout près de la mer, conserve la quasi-totalité de ses décors d’origine, même si elle fut vidée de son mobilier lors de l’établissement de l’inventaire des biens de la monarchie en 1957-1958. L’édifice, dont la façade principale présente une composition harmonieuse, possède des décors intérieurs gracieux, typiques du style husseinite, associant les traditions architecturales et décoratives tunisiennes aux influences andalouses, ottomanes et occidentales, notamment celles de la péninsule italienne. Parmi les beaux intérieurs du palais, se distingue le patio couvert à deux niveaux, dont l’ornementation soignée allie plâtre finement ciselé, céramiques et marbres, en particulier le marbre blanc de Carrare pour lequel les souverains husseinites manifestaient une grande prédilection ; ce matériau ornât plusieurs résidences beylicales aux XVIIIe, XIXe et XXe siècles.

Armes beylicales ornant un plafond de l'ancien palais beylical de CarthageArmes beylicales ornant un plafond de l’ancien palais beylical de Carthage

Plafond peint et doré dans l'ancien palais beylical de CarthagePlafond peint et doré dans l’ancien palais beylical de Carthage

Même si l’ancien palais de Carthage est, désormais, le siège d’une institution, l’État tunisien doit veiller continuellement à l’entretien et à la restauration de ses décors…De surcroit, il est dommage que des visites guidées et un circuit spécifique ne soient pas prévus pour mieux faire connaitre ce remarquable monument !

M. Khaled Hizem


9 réflexions au sujet de « Beit El Hikma à Carthage, ancien palais du dernier monarque tunisien… »

  • 24 avril 2016 à 12 h 07 min
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    Salwa Bey a affirmé que sa famille «détient ce qui prouve que mon grand-père a acheté, avec son propre argent, Beït El Hikma, situé à Carthage, […] un bâtiment qu’il l’avait acheté à un juif nommé Bessis».
    «Les documents qui prouvent les droits de la famille s’étalent sur une longueur de 53 km aux archives nationales, souligne-t-elle. Tous les achats effectués par le Bey sont consignés, mêmes les crayons».

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  • 24 avril 2016 à 15 h 13 min
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    Pour ma part, je trouve qu’il est tout à fait normal de dédommager les ayants droit sur la base de documents fiables. Ceux-ci pourront confirmer ou infirmer les revendications de propriété. Le palais appartient, de nos jours, au peuple tunisien, mais, à mon avis, une compensation aux héritiers serait justifiée.

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  • 12 juin 2016 à 9 h 00 min
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    Moi je pense qu’il est nécessaire que le palais beylical de Carthage devienne un musée de la dynastie husseinite et soit visité par les tunisiens en premier pour qu’ils apprennent l’histoire de leur pays. Qu’attendent les historiens pour faire cette demande à l’Etat et participer à l’aménagement de ce palais.

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